Le 13 décembre 2017, jour de la sortie officielle de Star Wars Episode VIII, nous avions prévu de nous rendre au cinéma le 14 décembre à la séance de 17h45, afin d'éviter trop de monde... Malheureusement, quand on décide d'un plan, ça ne marche pas à tous les coups...
Alors dès 7h du matin, le 13 décembre, je commence à avoir des contractions. Douleur tolérable, et super espacées. Benoît va au travail, on se dit que c'est juste le prétravail qui commence, mais après tout on est large, on a 18 jours d'avance.
Sauf que la journée passe et les contractions se rapprochent au point de devenir vraiment très douloureuses. Mais l'intervalle n'est que de 10 minutes, alors je prends mon mal en patience et essaye de me reposer pendant que Benoît fait de même... Mais non, pas de répit, et on arrive rapidement aux 4 minutes d'intervalle. Bingo, Creeky, fais tes bagages, on déménage, direction la maternité, à 5h du matin, le 14 décembre !
Arrivés à la maternité, on m'installe le monitoring, la demi-heure la plus longue du monde, et après un contrôle, dilatation à 3. Première proposition de la péridurale, on décline : on a un projet de naissance, on voudrait s'y tenir ! On nous escorte dans la chambre, on me prête un ballon pour que j'encaisse les contractions, mais après un bon moment, les douleurs deviennent vraiment insupportables, et je m'endors littéralement sur place, sur mon ballon, entre deux contractions. Et là, je réclame la péridurale : je n'ai pas dormi depuis 24h, je tombe de fatigue et quelque chose me dit que j'vais avoir besoin d'énergie pour la suite...
Sauf que, je ne vais pas l'avoir de suite, ma péri... Le personnel est occupé avec une césarienne, dans la pièce d'à côté. Le temps qu'on vienne me l'installer, je suis passée à 6 de dilatation. La péridurale me soulage beaucoup, mais bizarrement, je me sens fébrile, et je sens les douleurs à droite uniquement. Mon visage me gratte à mort, je fais des rêves éveillés mélangés au réel, j'ai conscience d'avoir des moments très confus durant lesquels je raconte n'importe quoi... Par exemple, quand je sens une contraction douloureuse, j'annonce à Benoît "Et une de plus dans les arbres"... Ce que je ne sais pas, à ce moment-là, c'est que l'anesthésiste s'est un peu planté dans le dosage de la péridurale, et je me retrouve avec une double dose de morphine. Benoît, lui, est au courant et doit veiller sur moi, pour s'assurer que je continue de respirer dans mes phases de "coma". Je me disais bien aussi, à chaque fois que je me réveillais, tout le personnel me fixait bizarrement, à force je me demandais si je ne ronflais pas ou ne parlais pas dans mon sommeil...
Quand vient enfin le moment de passer à l'action (encore merci à cette Sage-Femme en or qui m'a vraiment mise en confiance), on m'injecte un antidote pour dissiper les effets de la péridurale, et du coup, je peux sentir correctement les contractions et je sais quand je dois pousser. La Sage-Femme me guide pour les premières, et je pige vite. Je ne voulais pas accoucher sur le dos, pour éviter l'épisiotomie, et ça tombe bien car elle n'aime pas ça non plus, ma SF. Elle me fait accoucher sur le côté. Elle a vraiment pris en compte mon avis, mes envies etc. Un accompagnement au top. Encore mieux, elle a vraiment laissé Benoît participer à l'accouchement. Il a été mon soutien pendant toute la phase de travail, et quand le moment est venu, elle l'a laissé mettre au monde notre bébé. Il a pu me la présenter, et la poser sur mon ventre. C'était simplement... j'ai pas de mots en fait. On a du mal à s'en remettre.
Chloélie est donc venue au monde au bout d'une quarantaine de minutes de poussée, à 16h13, en pleine santé, et je m'en sors avec une légère déchirure.